Chats-humains : une relation établie sur des
malentendus (2)
« Il est méchant : il
me mord pour un oui pour un non, même en pleine
nuit ! »
Un chat ne mord pas sans raison. S’il
vous attaque et de surcroît la nuit, c’est qu’il
attend le meilleur moment (celui où vous êtes
vulnérable donc moins à même de répliquer) pour
répondre à vos « agressions » diurnes, pour
décharger son trop plein d’énergie ou encore sa
frustration. Evaluez vos propres comportements
et son mode de vie : êtes vous sévère avec lui ?
Est-il confronté à beaucoup d’interdits ?
Respectez-vous ses rythmes d’activité et de
repos ? Reste t-il longtemps seul ?
Si vous évitez d’entrer en conflit avec lui, en
le laissant venir à vous de lui-même, en étant
moins punitif et en l’occupant plus (surtout si
c’est un animal qui reste longtemps seul dans la
journée), ces attaques nocturnes diminueront
certainement ! Mais si vous répondez à ses
attaques par des réprimandes (physiques et/ou
verbales) ou en l’isolant, vous n’êtes pas prêt
de rétablir une bonne relation avec votre animal
ni de retrouver des nuits sereines !

Photo de la chatterie de Moncourt
« Il s’amuse à laminer mon
canapé alors qu’il a un griffoir ! »
Le chat qui griffe le canapé ne se
divertit pas, il communique ! Chaque jour, vous
êtes témoin, parfois sans vous en doutez, des
multiples moyens de communication utilisés par
votre animal :
-procédés vocaux : miaulements, grondements,
feulements, ronronnements …
-tactiles : contact nez à nez, léchages mutuels,
couché sur les genoux …
-visuels : dépôts d’excréments, d’urine,
griffades, positions des oreilles, de la queue…
-et chimiques : phéromones d’alarme, sexuelles,
sociales, territoriales …
Ces différents moyens de communication sont
aussi bien employés seuls que combinés. Par
exemple, lorsque le chat fait ses griffes, il
communique aussi bien en déposant des marques
visuelles que des marques chimiques (phéromones
territoriales).
Faire ses griffes est un comportement naturel du
chat. On ne peut donc le supprimer. Par contre,
on peut attirer le chat dans des endroits autres
que le sacro-saint canapé ou le papier peint du
couloir ! Il faut pour cela lui proposer un
support de substitution intéressant : certains
chats feront leurs griffes sur des poteaux en
sisal alors que d’autres préfèreront des
matières qui se dégradent plus facilement, et
qui laisseront donc des traces de passage plus
évidentes. Ainsi, vous pouvez proposer à votre
animal un tronc d’arbre, une planche recouverte
de tissus, de moquette ou de papier peint.
Succès garanti si vous mettez les griffoirs dans
des endroits stratégiques pour votre petit
compagnon : près des lieux de passage (entrée,
porte des pièces à vivre…).

Photo de Sabine Ribot
« Mon chat adore quand je
fais sa litière : il y va aussitôt que le bac
est propre !»
Qui n’a pas constaté que Minet vient
systématiquement jeter un œil à son bac à
litière lorsque celui-ci vient d’être lavé ? Ce
n’est pas pour constater vos qualités ménagères
et vérifier que le nettoyage est bien fait. Ni
parce qu’il s’est retenu jusqu’à ce que la
litière soit propre ! C’est pour y déposer à
nouveau ses marques. Certes, le bac à litière
est un centre d’élimination pour le chat mais
c’est aussi un centre de communication
important. Changer la litière et laver le bac,
c’est un peu comme remettre le compteur des
messages olfactifs et visuels du chat à zéro.
Donc lorsqu’il retourne à la caisse après le
nettoyage, il poste un nouveau message !

Photo de Sabine Ribot
Amandine ROULET
Comportementaliste pour chats
www.chatvamal.fr