La cohabitation avec un chat
peut rapidement devenir un enfer si celui-ci a
décidé de vous réveiller toutes les nuits.
En dehors de l’inconfort
évident que cela représente, d’autres enjeux
important se cachent à long terme derrière un
tel problème : la fatigue s’accumulant jour
après jour, on est moins efficace dans son
travail, et il peut arriver qu’on en vienne à
vouloir se séparer de notre compagnon pourtant
si adorable en journée. D’où l’intérêt de
comprendre rapidement ce qui pousse minou à
adopter un tel comportement.
Le chat, un animal nocturne
Ce n’est pas une grande
nouvelle : les félins sont généralement des
animaux nocturnes et chassent surtout leurs
proies la nuit, qui, bien souvent, sont
elles-mêmes nocturnes. Le chat chasse par
exemple les souris et autres rongeurs qui
sortent de leurs trous à la tombée du jour. Plus
précisément, c’est au crépuscule et à l’aube que
les chats sont les plus actifs. C’est leur
rythme instinctif, et la vie dans nos maisons et
appartements n’empêche pas toujours cette
tendance de s’exprimer. Le problème ne se pose
pas lorsque le chat à un libre accès à
l’extérieur : « il fait sa vie », comme on dit,
et cela ne perturbe pas notre sommeil. Mais
quand la cohabitation est plus étroite, et que
le chat doit se plier à nos horaires, il peut
arriver que l’on ait des surprises…
L’agitation nocturne
Le manque d’activité
journalier peut se traduire par de l’agitation
nocturne très vite gênante. Le chat vient par
exemple mordre ou griffer les mains de leur
maître dans leur lit, viennent jouer avec les
doigts de pieds et font mine d’attaquer les
pieds au moindre mouvement des personnes
endormies.
D’autres chats deviennent de
véritables prodiges dans l’art de faire du bruit
: gratter aux portes, miauler à tue-tête, faire
tomber des objets, se faire les griffes sur des
substrats bruyants. Pourquoi ? Pour nous faire
réagir bien sûr !
En effet, les propriétaires
sont les uniques sources d’action et d’intérêt
pour un chat qui reste seul toute la journée
dans un appartement ou une maison où il ne se
passe rien.
Et la moindre des réactions
des propriétaires (un chausson qui vole, une
réprimande, la personne qui se lève pour
poursuivre le chat dans l’appartement, ou mieux
: une distribution de nourriture ! etc.) est une
source d’activité et d’occupation. Que la
personne réagisse agréablement ou
désagréablement, il se passe quelque chose dans
l’appartement, et c’est là le principal.
Le chat adopte ce
comportement à des heures indues qui sont en
général liées au lever ou coucher du soleil
(toujours en lien avec le rythme naturel du
chat) : vers 4-5 heures en été, vers 6-7 heures
en hiver. Et le chat est tenace : le manège peut
durer plusieurs heures, jusqu’à épuisement
physique et moral des personnes.
Occuper le chat en journée…
Pour y remédier, c’est plutôt
simple : il faut que le chat ait suffisamment
d’occupations en journée pour que l’envie lui
passe de réveiller ses maîtres. On peut
conseiller par exemple de proposer à notre minou
un compagnon de jeu, surtout quand il est encore
petit ou jeune. C’est la quasi garantie de
tranquillité (à moins que les deux chats ne se
courent après dans la maison et que cela vous
réveille…).
D’autres solutions consistent
à rendre l’habitat plus interactif en journée,
en mettant en place des jeux qui s’agitent tout
seuls. Par exemple un mobile fait maison disposé
dans l’axe d’une fenêtre entrouverte ou d’un
courant d’air pour qu’il bouge tout seul (ça
peut être une plume au bout d’une ficelle). On
peut aussi mettre des balles de pingpong dans
une bassine, afin que dès que le chat les
touche, elles continuent de bouger pendant un
bout de temps.
Cacher des croquettes à des
endroits toujours différents de la maison
stimule aussi le chat dans sa recherche de
nourriture.
Il faut de toute façon faire
appel à son imagination et penser à renouveler
souvent les systèmes mis en place pour les
garder attractifs et efficaces.
Rien n’a encore pu prouver
l’utilité de laisser la télé ou la radio
allumée, mais il est certains que cela ne
constitue pas une activité en soi pour le chat.
Dans tous les cas, on
conseille de jouer au maximum avec le chat
pendant les périodes de présence. Plusieurs fois
dix à quinze minutes réparties le matin ou en
soirée.
Puis l’ignorer la nuit
Parallèlement, pour que le
chat ne soit pas récompensé dans son
comportement nocturne, on ne répondra JAMAIS
àses agitations (et surtout pas une fois de
temps en temps, cela signifierait pour le chat
qu’il faut qu’il redouble d’efforts pour obtenir
satisfaction). Cela veut dire entre autre qu’on
ne se lève pas, on ne parle pas au chat, on ne
le regarde pas (on ne le nourrit pas
évidemment), on ne bouge pas même un pouce. Pour
obtenir l’extinction du comportement gênant, il
faut tenir bon pendant au moins dix à quinze
jours. Les agitations vont s’intensifier pendant
un temps, puis normalement brutalement
s’interrompre si on a tenu le coup.
L’agitation nocturne signe de
détresse
Pour finir, il ne faut pas
négliger une autre cause d’agitation nocturne :
la détresse du chat. En effet, un stress
quotidien, une grande inquiétude, un malaise
général peut induire chez le chat des troubles
du comportement qui vont se déclarer la nuit.
Cela prend souvent la forme de miaulements
intempestifs, de râles qui évoquent en tout cas
la détresse, le mal être. Le chat semble ne pas
pouvoir s’en empêcher. Il le fait la nuit, mais
aussi le jour, et surtout dès le retour de ses
maîtres. Il exprime effectivement qu’il va mal,
comme un nourrisson pleure pour évacuer sa
tristesse.
D’autres chats se mettent à
gratter leur litière pendant de longues minutes,
certains vont manger leurs croquettes tout au
long de la nuit, ou vont se lécher les poils de
manière compulsive et continue non loin de leur
maître. Tout ça fait du bruit (en tout cas dans
les petites habitations cela s’entend
facilement). Pour y remédier, il faut
impérativement trouver la cause du stress de
l’animal. Il ne faut surtout pas punir le chat
pour ces agissements, car on aggrave alors le
problème.